OXYGENE de Ivan Viripaev

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TRADUCTION – Tania Moguilevskaia, Gilles Morel et Elisa Gravelot

MISE EN SCENE – Nicolas Gaudart

CONCEPTION MUSICALE – Mélie Fraisse

AVEC – Teddy Atlani & Kimiko Kitamura

la pièce est éditée aux Solitaires Intempestifs – Besançon

Titulaire des droits : henschel SCHAUSPIEL Theaterverlag Berlin GmbH
Agent de l’auteur pour l’espace francophone : Gilles Morel

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CAPTATION D’UNE ÉTAPE DE TRAVAIL – LE CHÊNE – VILLEJUIF 2015

 

Après TERRORISME de Vladimir et Oleg Presniakov (2010) et LA RECOLTE de Pavel Priajko (2013), la création d’OXYGENE de Ivan Viripaev s’inscrit dans le cadre d’une trilogie consacrée au Nouveau Drame Russe.

Nous sommes convaincus de la nécessité de faire mieux connaître cette génération exceptionnelle d’artistes prolifiques, courageux, ancrés dans leur époque, qui recherchent prioritairement à travers le Théâtre des occasions de dialogues directes avec la société. Encore trop ignorées en France, leurs pièces soulèvent un enthousiasme remarquable bien au delà des frontières de la Russie.

Confronter les genres et les esthétiques, renouveler les codes, s’emparer du réel pour palier l’absence de débat public, aller plus loin dans la valorisation d’un Théâtre immédiat, performé ici et maintenant, sont quelques-uns des principes qui fondent leurs créations.

« S’il fallait désigner aujourd’hui un symbole pour tout le mouvement du Nouveau Drame russe, se serait Oxygène. » – Marina Zaionts – Revue Itogui

 

LA PIECE

OXYGENE (Kislorod) d’Ivan Viripaev frappe d’abord par sa singularité, dans son sujet comme dans sa forme. Elle se présente comme une partition sans musique imposée, divisée en dix compositions, elles-mêmes partagées entre couplets et refrains. A l’intérieur de ce cadre constant et digestible, le texte, transmis par deux voix à l’éloquence incendiaire, circule à très grande vitesse, ricoche d’une idée à une autre, dans un flot bouillonnant vindicatif et jubilatoire.

Ces compositions évoquent d’abord l’histoire d’une relation amoureuse. Un couple de légende. Deux jeunes que tout sépare à l’exception de leur prénom. Sacha-l’homme, petit voyou de province et Sacha-la femme, qui vit à la capitale dans un milieu aisé. Par amour pour Sacha-la femme, Sacha-l’homme tue son épouse à coups de pelle et l’enterre dans son jardin…

L’emploi d’un fait-divers passionnel et violent renvoie à des thématiques consacrées du cinéma, de la musique populaire ou de la littérature russe classique. Mais Viripaev ne se contente évidemment pas de convoquer des références ou des ambiances superficielles. Il n’utilise pas ce sujet pour développer une intrigue ou une morale édifiante. L’histoire n’est qu’un prétexte, une sorte de préliminaire. Elle est abandonnée au profit d’une recherche éperdue de sens, d’espérances, des moyens susceptibles d’échapper à ce sentiment d’oppression, d’étouffement qui nous accompagne si souvent dans notre relation au monde.

 

NOTE D’INTENTION

OXYGENE est une pure décharge d’énergie, de poésie, de musique et d’images. Un « concert théâtral » entonné par deux boxeurs hors d’haleine. Une parole brulante, dont la forme circule aléatoirement entre chanson, sermon, romance, manifeste, pour se dissoudre dans la crise de conscience et de reconnaissance mutuelle qui emporte les deux interprètes.

OXYGENE est une plongée si intense dans le chaos de notre temps, une évocation si fine du bombardement permanent de sollicitations, d’informations, d’injonctions contradictoires, auxquelles nous sommes confrontés chaque jour, que toute tentative d’explication rationnelle, toute ébauche de discours objectif, y sonne instantanément faux, brille par ses raccourcis et son caractère illusoire. L’évidence s’y heurte aux limites de nos partis-pris, à la confusion de nos sens, contre nos émotions contradictoires. Nous sommes entraînés à la suite des interprètes dans une quête insoluble d’équilibre. De celles que poursuivent ceux qui tentent d’expliquer le monde par l’Art ; lorsque le sensible agit sur l’esprit avec toute sa puissance abrasive, met en lumière les sources véritables de nos ambitions : désir, espérance, jalousie, naïveté, besoin de reconnaissance… qui sont aussi parties des composantes de l’Amour, l’indispensable « oxygène de nos vies ». 

Suivant un principe fondateur du Nouveau Drame Russe (pour révéler les réalités nouvelles, afin que l’on puisse les ressentir pour bien les appréhender, il faut aux arts des formes nouvelles), en empruntant donc aux autres modèles spectaculaires existants, nous choisissons de donner à notre version l’apparence d’un concert ou d’une performance pluridisciplinaire. Une forme à la dynamique festive, à l’accès confortable, dans laquelle la théâtralité surgira d’elle-même grâce à la crise du rapport entre les interprètes.

L’écriture de Viripaev impose la spontanéité, l’engagement et une grande virtuosité, particulièrement à travers l’association entre textes et musiques. Chaque composition est traité comme un numéro en soi, un Hit en puissance. Les voix sont amplifiées par des micros, soutenues par des ambiances sonores sensibles et rythmées. Les acteurs s’adressent directement aux spectateurs. Les corps invitent à une écoute active. La scénographie évolue en direct, par le biais d’improvisations graphiques.

Nous travaillons à la réalisation d’un poème musical et visuel, une représentation à part, qui explose en vol à cause de la sensibilité de ces pilotes.

 

ACTIONS EN DIRECTION DES PUBLICS

Le choix de monter ces trois auteurs est aussi grandement motivé par l’attitude très décomplexée que ceux-ci adoptent vis-à-vis de l’œuvre théâtral. Leur travail se situe à un rare point d’équilibre entre écritures savantes et populaires. Leurs pièces ont été suivies largement en Russie par des publics jeunes – cette jeunesse qui, chez nous, fréquente plus généralement les concerts et les soirées de stand-up. La modernité des formes, du discours, la distance humoristique et la prise en compte courageuse de la réalité, sont autant d’éléments qui ont fédéré naturellement une nouvelle génération de spectateurs. Nos deux créations précédentes, notamment la longue résidence dont nous avons pu profiter à Belfort autour de LA RECOLTE de Pavel Priajko, nous ont permis de confirmer que ces textes fonctionnaient aussi très bien ici.

Nous sommes guidés par la notion de lien et l’idée que le théâtre est un outil incomparable pour soumettre sereinement à une diversité de regards une vision singulière du monde.

Nous souhaitons travailler, autour de ces œuvres, sur les moyens de formuler des impressions intimes et essentielles, composer des cadres intelligibles, simples et ludiques, nourris par les références et les formes les plus variés du spectacle, à travers lesquels pourront s’exprimer expériences, imaginaires et ressentis.

Nous souhaitons organiser autour de la création d’OXYGENE des temps de rencontres, d’échanges et des ateliers de pratique théâtrale inspirés par ses nouvelles écritures.

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L’EQUIPE

NICOLAS GAUDART – après avoir suivi un enseignement pratique à l’École Claude Mathieu, il s’engage dans l’interprétation à travers un large éventail de formes et de répertoires (créations contemporaines, pièces classiques, Opéras, Farces, spectacles transdisciplinaires, comme lecteur, en tant que récitant d’orchestre…). Il joue en France, en Europe, Afrique, Océanie, au Moyen Orient. Parallèlement, il poursuit des études universitaires et obtient en 2006 un Master-pro en mise en scène et dramaturgie (Paris 10 Nanterre, 2006). En tant que metteur en scène, il s’investit dans l’émergence de nouvelles écritures, privilégiant la création de pièces inédites : TERRORISME de Vladimir & Oleg Presniakov (La Générale), ANATOLE FELDE & GZION de Hervé Blutsch (MC 93-Bobigny), LE CAIRN de Laure Saupique (Théâtre Ouvert). Lors de la saison 2012/2013 il est artiste associé au Théâtre du Pilier de Belfort et y crée LA RECOLTE de Pavel Priajko. Il a également assisté Alain Gautré et Michel Vinaver. Titulaire du Diplôme d’Etat en enseignement théâtral, il consacre une part de son activité à la transmission et à la formation. Il anime des ateliers ou des stages pour le Théâtre Nanterre-Amandiers, le Théâtre Ouvert, le Nouveau Théâtre de Montreuil, l’Orchestre de Paris, l’Orchestre Français des Jeunes, le CNSMDP, l’Université de Cergy-Pontoise, le CDN de Sartrouville, le CRR d’Annecy, l’EDT 91, le Cours Florent.

MELIE FRAISSE – compositrice et arrangeuse pour le théâtre, le film et la publicité, violoniste de formation, elle a été lauréate du Premier Prix de violon et Premier Prix de musique de chambre au  Conservatoire de Montpellier (CRR). Elle entre en 2001 au Conservatoire National (CNSM) dans la formation supérieure aux métiers du son. C’est en 2005, par sa rencontre avec l’auteur et metteur en scène Jean-Francois Mariotti qu’elle fait ses premiers pas dans la composition au théâtre dans les concepts Gabegie (3 jours d’écriture, 4 jours de répétition, 1 représentation unique), ou elle écrit et interprète des partitions originales au violon, incarnant sur scène un personnage musical. Elle rencontre Edouard Signolet en 2012 sur l’écriture d’un Concert tôt au théâtre du Châtelet pour l’OFJ. En collaboration avec Edouard Signolet, elle compose la musique des pièces, Contes de pute de Laura Gustafsson, Buffles de Pau Miro, trois adaptations, l’une du roman de Renart, l’autre de l’Odyssée d’Homère pour la maison d’édition lire c’est partir, et une autre de Pierre et le Loup pour un concert pédagogique à la Cité de la musique. Elle écrit pour l’image ; rencontre avec Anaïs et Olivier Spiro, et continue ses expériences au théâtre ; une rencontre avec Jeanne Debost en 2015, sur la pièce Sorcières. Elle partage aujourd’hui son temps entre l’interprétariat multi-instrumentiste (violon, synthétiseurs analogique, voix) pour les autres en studio ou en live, son projet pop-électro et des compositions musicales pour le théâtre et pour l’image. Son parcours classique et son affinité pour les musiques électroniques se rencontrent en une musique sensible, intelligente et technique. Elle anime également des ateliers pédagogiques à la Philharmonie de Paris.

TEDDY ATLANI – en 2002, il s’inscrit dans un Atelier de théâtre, à Valence, dans sa Drôme natale. Il fait aussitôt une rencontre importante, celle de Didier Lagny, intervenant pédagogique au sein de cet atelier, qui guidera les jeunes dans leurs envies. Ensemble ils travailleront sur des créations de ce philanthrope. Cette collaboration avec Didier Lagny vaut à Teddy en 2006, un Prix d’interprétation au Festival Théâtre Avenir de Valence, pour son rôle du « Rat-chef » dans une adaptation de la B.D Les Rats de P’tit Luc. Teddy se forme ensuite au Cours Florent, dans les classes de Franck Victor, Suzanne Marrot, Cyril Anrep et Grétel Delattre, et acquiert, grâce à Georges Bécot, des connaissances du jeu masqué. Dans cette école, il rencontre une « famille ». Ensemble, ils s’attèlent à monter plusieurs projets, dont Mein Kampf (Farce), de George Tabori, mis en scène par Makita Samba, Viol de Botho Strauss, mis en scène par Marine Reiland, et On purge (Bébé) !, de Georges Feydeau, mis en scène par Pauline Raineri, ou encore un moyen-métrage, Deuil Sous Influence, réalisé par Xavier Hervo. Durant la saison 2011-2012 il apparait dans T, court-métrage de Xavier Tesson & Dorian Hays, et endosse successivement les rôles de Toto et Bastien Follavoine dans On purge(Bébé)! de Georges Feydeau, mis en scène par Pauline Raineri à l’Aktéon et au Funambule entre septembre 2011 et juin 2012. En 2013, il participe à Love & Money de Dennis Kelly, et est à l’affiche du prochain court-métrage de Xavier Hervo, Tripaliare

KIMIKO KITAMURA – intègre en 2015 le collectif LA POURSUITE/MAKIZART pour une adaptation de « l’Avare » de Molière mis en scène par Hala Ghosn. Elle jouera Elise. Depuis 2014 elle s’investit dans le corps collectif PAVILLON HARD pour leur dernière création « Les Paradis Perdus » texte et mise en scène d’Emma Bernard,  projet actuellement en résidence au Chêne à Villejuif et soutenu dés la rentrée 2015 par ART&FAC. En 2014 elle participe à la performance « Azimuth » création pour « cinq personnes et cinq portes » de Goni Shiffron dans le cadre d’un festival à la BNF. Elle a effectué en 2013 une résidence au Japon pour une adaptation des « Trois Sœurs » d’Anton Tchekov, mis en scène par Kouhei Narumi, représenté au New National Theater de Tokyo, pour le festival BeSeTo dirigé par Oriza Hirata. Elle a également travaillé avec Nicolas Gaudart et Marc Toupence, en tant qu’assistante mise en scène, scénographe et comédienne pour les pièces « Terrorisme » d’Oleg et Vladimir Presniakov ainsi que « La Récolte » de Pavel Priajko dans le rôle d’Ira, en collaboration avec La Générale Nord Est et le Théâtre du Pilier à Belfort. En 2012 elle intègre un espace du 59 Rivoli en tant que peintre et plasticienne,et est  nommée lauréate en 2013 Jeune talent  Arts visuels de la ville du Kremlin Bicêtre. Elle a travaillé pour diverses représentations avec « Les Ames Visibles », « Parallel Theater » dans le cadre d’une carte blanche au dansoir de Karine Saporta ainsi que « La surréaliste compagnie ». En 2010-2012 elle a effectué sa formation au Cours Florent dans les classes de Suzanne Marrot, Nicolas Gaudart et Cyril Anrep.

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